
Il est 8h12. Vous êtes en caisse, comme d’habitude. Vous posez vos courses, sortez votre carte, puis attendez le bip familier.
Rien.
La caissière vous regarde, un peu gênée : “Le réseau est en panne.”
Vous réessayez. Toujours rien. Derrière vous, la file s’allonge. Certains reposent déjà leurs articles. Vous faites pareil, un peu agacé, mais sans vraiment vous inquiéter. Après tout, ce n’est qu’un bug.
Le lendemain, les distributeurs sont pris d’assaut. Certains sont déjà vides. Les paiements fonctionnent par intermittence. Dans les supermarchés, les rayons commencent à se clairsemer. Non pas parce que la nourriture manque, mais parce que les livraisons ne suivent plus le rythme.
Quelques jours suffisent pour que l’essence devienne plus difficile à trouver, que les achats soient limités et qu’une tension diffuse s’installe. Rien de spectaculaire. Pas de chaos. Juste un système qui ralentit… et avec lui, tout notre quotidien.
Une mécanique performante… mais sous pression
Nous avons construit un mode de vie d’une efficacité remarquable. Tout est disponible, en permanence, avec une fluidité presque invisible. Mais cette simplicité repose en réalité sur une organisation extrêmement complexe : chaînes logistiques mondialisées, stocks réduits au minimum, dépendance aux systèmes numériques et à une énergie continue.
Et aujourd’hui, cette mécanique est déjà sous pression.
Le blocage du détroit d’Ormuz en est un exemple concret. Cette voie maritime stratégique, par laquelle transite une part majeure du pétrole mondial, a été perturbée, entraînant une hausse rapide des prix de l’énergie. Or, lorsque le coût de l’énergie augmente, c’est toute la chaîne qui suit : transport, production agricole, logistique… et donc prix alimentaires.
Mais nous avons déjà vécu ce type de déséquilibre, à une autre échelle.
Lors de la pandémie de COVID-19, les chaînes d’approvisionnement ont été fortement perturbées. Fermetures de frontières, manque de main-d’œuvre, ralentissement des transports : en quelques semaines, certains produits sont devenus difficiles à trouver, notamment les fruits et légumes frais.
Beaucoup ont alors découvert une réalité simple : même sans pénurie globale, l’accès à une alimentation de qualité peut rapidement devenir incertain.

Le vrai enjeu : notre dépendance
Le problème n’est pas tant le système lui-même. Il fonctionne et même très bien. Le véritable enjeu, c’est le niveau de dépendance que nous avons développé à son égard.
Aujourd’hui, nous produisons très peu de ce que nous consommons. Nous stockons rarement. Nous avons, pour beaucoup, perdu des savoir-faire simples. En échange de confort et de praticité, nous avons externalisé l’essentiel de nos besoins.
Cela signifie qu’en cas de perturbation, qu’elle soit géopolitique, énergétique ou technique, nous disposons de très peu de marge. Et c’est précisément cette absence de marge qui crée la vulnérabilité.
Retrouver de l’autonomie, sans rupture
Face à ce constat, il ne s’agit pas de “sortir du système” ni d’adopter un mode de vie extrême. L’enjeu est plutôt de rééquilibrer, progressivement, notre niveau de dépendance. Nous en parlons plus en détails ici : « Vite ma serre »
C’est exactement la démarche portée par Myfood : permettre à chacun de redevenir acteur d’une partie de son alimentation, à son échelle. Produire quelques légumes, comprendre les cycles, retrouver des gestes simples… autant d’actions qui peuvent sembler modestes, mais qui changent profondément le rapport que l’on entretient avec ce que l’on consomme.
L’autonomie alimentaire n’est pas un objectif absolu. C’est un curseur. Et chaque pas compte.
Dans un contexte où les coûts de l’énergie et du transport restent volatils, nous faisons aujourd’hui le choix de maintenir cet accès aussi simple que possible, même si, comme le reste du système, cet équilibre est amené à évoluer. Alors si vous avez un projet en cours, n’hésitez plus et parlez-en à notre équipe.
Conclusion
Le système dans lequel nous vivons est performant, mais il reste sensible aux perturbations. Et il n’a pas besoin de s’effondrer pour nous mettre en difficulté : il suffit parfois qu’il ralentisse.
Le blocage du détroit d’Ormuz nous rappelle une chose simple : un événement à des milliers de kilomètres peut, en quelques jours, impacter notre quotidien.
Alors la vraie question n’est pas :“Est-ce que tout peut s’arrêter ?”
Mais plutôt : “Si cela arrive… de quoi dépend vraiment mon quotidien aujourd’hui ?”










